Lucky so far
Et dire qu’on a voulu raser ce quartier pour faire table rase du passé, tout nier avec en guise d’objectif ultime la volonté de tirer des autoroutes parmis les bâtisses centenaires. Why not ? Au fond, quelle grande idée que de tout détruire, de sonner le glas d’une époque avec perte et fracas, d’ignorer la rationalité historique pour le court-termisme économique et ses impératifs. Le fait est que le vieux Lyon, c’est son petit nom, est un véritable musée à ciel ouvert. On y emprunte d’étroites ruelles pavées, balayées par un vent glacial, pendant que de hauts murs usés par les années captent malicieusement les sons de la rue pour se les renvoyer dans un jeu d’échos sans fin. Certes la soie ne fait plus la richesse de cette zone, cependant, le temps semble en être resté là, béat d’admiration devant ce siècle il s’être arrêté à cette époque précise, celle des marchands, des comédiens et de l’activité mercantiliste en général. C’est comme si le Molière de Boulgakov résidait encore au coin de la rue et qu’on allait le voir descendre d’un moment à l’autre. Ce lieu est définitivement porteur d’une myriade de légendes. Donc, de grâce un peu de compassion pour l’histoire et l’art ; se pose-t-on la question d’un éventuel tracé du TGV à travers le Louvre ? Bien sûr que non ! Encore que, je suis peut-être là en train de donner des idées à quelques démolisseurs myopes, faut que je me surveille…
Moralité : aujourd’hui le vieux Lyon est à l’abris, et le Saint James aussi.
